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Motif élémentaire de l'Elastine

Et si l’on parlait de l’élastine?

L’Elastine est une protéine fibreuse, composée majoritairement d’acides aminés non polaires (alanine, valine, leucine isoleucine), qui lui apporte un caractère hydrophobe.

Elle est sécrétée par les fibroblastes, essentiellement durant la période de croissance. Sa synthèse diminue avec l’âge et elle est progressivement remplacée dans les tissus par le collagène, significativement moins souple. Cette protéine est caractérisée par la présence de desmosine et d’isodesmosine au sein de sa séquence en acides aminés. Ceux-ci assurent des pontages intramoléculaires qui conduisent à une structure tridimensionnelle dite en filet, assurant son l’élasticité remarquable. In vivo, l’élastine est associée à des glycoprotéines afin de créer une fibre d’élastine. Outre les points particuliers précédents, l’élastine est chimiquement proche du collagène. Ces deux protéines de structure sont riches en glycine (un tiers des acides aminés), en proline (un neuvième des acides aminés) et ne contiennent quasiment pas de cystéine et d’histidine. Cependant, à l’inverse du collagène, l’élastine ne contient pas d’hydroxylysine et très peu d’hydroxyproline.

L’élastine est un composant clé du derme (de 1 à 5% du poids sec). Les autres tissus biologiques riches en élastine sont les tendons et particulièrement les ligaments (jusqu’à 70% d’élastine). Enfin les artères sont également très riches en élastine. L’aorte compte par exemple près de 40% d’élastine dans la composition de ses parois.  De façon générale, l’élastine est présente dans tout tissu susceptible de subir des déformations régulières, des variations de pression ou l’application de tensions mécaniques (poumons, système vasculaire, point d’ancrage du système musculosquelettique…).

Souvent valorisée à partir de coproduits d’animaux terrestres, l’élastine peut aussi être extraite à partir de sources marines. L’extraction de molécules biologiques à partir de biomasse marine est d’avantage acceptée par le consommateur, notamment dans les domaines de la nutraceutique et de la cosmétique pour lesquels cela représente même un argument marketing fort.  Les peaux de poissons ou les crosses aortiques de certaines espèces de poisson de grande taille (thon ou saumon par exemple) sont des gisements d’intérêt pour la valorisation de l’élastine.  Les applications industrielles d’une telle molécule sont nombreuses :

Dans la cosmétologie, les peptides d’élastine de faible poids moléculaire, issus d’hydrolyse enzymatique par l’élastase, sont très prisés. L’apport en élastine conduit à la stimulation des fibroblastes du tissu dermique (rôle dermo-restructurant et augmentation des capacités cicatricielles) et à la diminution de l’activité catalytique des élastases naturelles, par « piégeage » de l’enzyme (mécanisme d’inhibition compétitive de l’enzyme). Les peptides de haut poids moléculaire trouvent leur application dans le soin du cheveu :  gainage des cheveux par effet tenseur et protection contre les traitements agressifs.

La nutraceutique, elle, revendique l’activité « anti-âge » de l’élastine.

Pour finir le domaine innovant des biomatériaux exploite des propriétés physico-chimiques originales de l’élastine (caractère hydrophobe, rhéologie peu commune), au sein de matériaux composites, pour de futures applications industrielles et médicales.

Julien Boussadia – Chef de projets R&D Biotech

05 novembre 2019
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