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Une nouvelle unité d’extraction et de séchage : le Sea Extract

L'actualité à la une

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Une nouvelle unité d’extraction et de séchage : le Sea Extract

Depuis quelques mois déjà, les équipes d’IDmer travaillent à l’arrivée d’un outil de séchage en continu innovant : le Seadryer. C’est une ligne complète de valorisation et de transformation de matières premières et de coproduits (pour en extraire des protéines, des lipides, des résidus minéraux, des polysaccharides) qui va prendre ses quartiers chez IDmer.

Comment ça fonctionne ?

Le Seadryer est un sécheur de matières solides (têtes de crevettes, os de sèches, crustacés, arêtes, cartilages) ou liquides (hydrolysats, pulpes de crustacés, de moules ou de crépidules). Le produit fini (sous forme de poudre) va être obtenu par évaporation de l’eau contenue dans la matière première.

Ce nouvel équipement est composé d’un réacteur pour extraire les molécules d’intérêt, d’outils de séparation pour isoler ces molécules et d’une unité de séchage permettant d’obtenir une poudre.

Le séchage, considéré comme « flash », est très rapide : de quelques secondes à quelques fractions de secondes selon la nature de la matière à déshydrater. La température peut varier entre 150 et 500°C.

Cela permet de conserver encore mieux les valeurs nutritionnelles et organoleptiques des aliments et des ingrédients. Cet outil intègre directement un broyeur dans la ligne.

Pourquoi cet investissement ?

Actuellement doté d’étuves sous vide, IDmer a fait le choix d’investir dans un matériel plus moderne pour remplacer ses machines actuelles. Contrairement à l’outil actuel, le nouveau sécheur disposera d’un process de séchage en continu qui permet de conserver une homogénéité tout au long de la procédure. Cela assure donc une standardisation des produits finis.

De plus, ce nouvel outil de pointe permet de réduire l’impact environnemental grâce à une faible consommation d’énergie.

Cette technologie innovante réduit les besoins de manutention entre les étapes et augmente la capacité de traitement des matières.

Cette ligne de séchage va servir à sécher des produits de composition et de consistance (viscosité) variées allant des liquides aux solides. Ce nouvel outillage permettra donc d’élargir la gamme de matières transformées à IDmer, une vraie source d’innovation pour le centre technique.

Cela va ouvrir de nouvelles perspectives de valorisation pour les deux services R&D (agroalimentaire et biotechnologie) en termes de procédés et de matières premières.

Une mise en service prévue à l’automne

Pendant le mois de juin, la façade de l’usine a été ouverte afin d’accueillir le nouvel outil. Tout au long du mois, les ouvriers se sont affairés afin d’acheminer et de monter la nouvelle ligne.

La fin des travaux est prévue pour le début du mois d’août, avant nos congés estivaux. Les premiers essais vont débuter courant septembre et la validation des process devraient avoir lieu fin septembre.

 

Pour toutes informations complémentaires, n’hésitez pas à nous contacter : idmer@idmer.com

 

Ce projet est soutenu par le Fonds européen de développement régional (FEDER) : www.europe.bzh

17 juillet 2019
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Actualité et publication

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Une nouvelle unité d’extraction et de séchage : le Sea Extract

Depuis quelques mois déjà, les équipes d’IDmer travaillent à l’arrivée d’un outil de séchage en continu innovant : le Seadryer. C’est une ligne complète de valorisation et de transformation de matières premières et de coproduits (pour en extraire des protéines, des lipides, des résidus minéraux, des polysaccharides) qui va prendre ses quartiers chez IDmer.

Comment ça fonctionne ?

Le Seadryer est un sécheur de matières solides (têtes de crevettes, os de sèches, crustacés, arêtes, cartilages) ou liquides (hydrolysats, pulpes de crustacés, de moules ou de crépidules). Le produit fini (sous forme de poudre) va être obtenu par évaporation de l’eau contenue dans la matière première.

Ce nouvel équipement est composé d’un réacteur pour extraire les molécules d’intérêt, d’outils de séparation pour isoler ces molécules et d’une unité de séchage permettant d’obtenir une poudre.

Le séchage, considéré comme « flash », est très rapide : de quelques secondes à quelques fractions de secondes selon la nature de la matière à déshydrater. La température peut varier entre 150 et 500°C.

Cela permet de conserver encore mieux les valeurs nutritionnelles et organoleptiques des aliments et des ingrédients. Cet outil intègre directement un broyeur dans la ligne.

Pourquoi cet investissement ?

Actuellement doté d’étuves sous vide, IDmer a fait le choix d’investir dans un matériel plus moderne pour remplacer ses machines actuelles. Contrairement à l’outil actuel, le nouveau sécheur disposera d’un process de séchage en continu qui permet de conserver une homogénéité tout au long de la procédure. Cela assure donc une standardisation des produits finis.

De plus, ce nouvel outil de pointe permet de réduire l’impact environnemental grâce à une faible consommation d’énergie.

Cette technologie innovante réduit les besoins de manutention entre les étapes et augmente la capacité de traitement des matières.

Cette ligne de séchage va servir à sécher des produits de composition et de consistance (viscosité) variées allant des liquides aux solides. Ce nouvel outillage permettra donc d’élargir la gamme de matières transformées à IDmer, une vraie source d’innovation pour le centre technique.

Cela va ouvrir de nouvelles perspectives de valorisation pour les deux services R&D (agroalimentaire et biotechnologie) en termes de procédés et de matières premières.

Une mise en service prévue à l’automne

Pendant le mois de juin, la façade de l’usine a été ouverte afin d’accueillir le nouvel outil. Tout au long du mois, les ouvriers se sont affairés afin d’acheminer et de monter la nouvelle ligne.

La fin des travaux est prévue pour le début du mois d’août, avant nos congés estivaux. Les premiers essais vont débuter courant septembre et la validation des process devraient avoir lieu fin septembre.

 

Pour toutes informations complémentaires, n’hésitez pas à nous contacter : idmer@idmer.com

 

Ce projet est soutenu par le Fonds européen de développement régional (FEDER) : www.europe.bzh

17 juillet 2019
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La colle de poisson ou ichtyocolle

La colle de poisson est issue de la membrane des vessies natatoires d’Acipenser sp., aussi communément nommé esturgeon russe. Elle est obtenue par l’extraction du collagène de cet organe et séchage du jus obtenu.  Ce produit est fabriqué et utilisé depuis l’antiquité par l’Homme. L’écrivain naturaliste du 1er siècle Pline l’ancien (23-79) y fait référence dans son encyclopédie sous l’appellation « ichthycollam ». Il y expose notamment les applications médicales de ce produit. La colle de poisson, réputée pour ses excellentes qualités mécaniques, ne doit pas être confondue avec la colle de peau, ou gélatine thixotrope. Cette dernière est issue de la fraction collagénique du tissu dermique de poissons, ou d’animaux terrestres (lapin, bœuf ou porc).

 

Utilisation dans le domaine des matériaux et le milieu artistique

Les vessies natatoires d’esturgeon sont particulièrement riches en collagène, avec des taux compris entre 85 et 95% de l’extrait sec. Cette particularité conditionne les propriétés mécaniques remarquables de la colle de poisson. Le collagène issu de cet organe, soumis à de fortes et fréquentes dilatations, est extrêmement souple. La colle de poisson forme donc des joints très élastiques. De plus, ce matériau a la capacité de maintenir un certain niveau d’hydratation dans le temps. Cela lui confère une longévité hors du commun, notamment dans les applications de collage du bois.

De l’antiquité à la fin du moyen âge, la colle de poisson est la « colle universelle » destinée aux travaux de bricolage. Elle est sinon particulièrement utilisée dans les domaines de l’ébénisterie, de la marqueterie, de la peinture où elle peut être associée à des pigments ou des poudres de bois, la réalisation d’icônes et miniatures, l’encollage de papier, la réalisation de fixées sous verre… Elle fait preuve d’une grande polyvalence quant aux matériaux sur lesquels elle est applicable : écailles de tortue, métaux non ferreux, faïence, verre, cuir, bois, porcelaine ou encore papier. Ses domaines d’application sont donc extrêmement variés au fil des siècles. On la retrouve également des domaines très variés : lutherie, ameublement, archerie…

La colle de poisson permet aussi d’obtenir un collage réversible. Un simple mélange eau/éthanol suffit à la faire revenir sous forme gélifiée. Cela permet son élimination facile d’une surface précédemment encollée. Cette compétence est particulièrement prisée par les restaurateurs d’œuvres d’art ou de meubles anciens.

La colle de poisson est généralement diluée avant utilisation dans un volume d’eau représentant 50 à 75% de la masse du mélange, en fonction des applications. Il est possible d’ajouter une faible quantité de glycérine pour obtenir une colle plus souple mais au détriment du pouvoir adhérent. Il faut compter environ 24 heures de temps de séchage, durant lequel les matériaux à encoller doivent être maintenus serrés.

Plusieurs colles synthétiques tentent de se substituer à la colle de poisson dans les domaines d’application précédents : l’araldite, la colle néoprène ou encore la colle vynilique.

Ces alternatives, issues de la synthèse chimique, offrent potentiellement un pouvoir adhérent supérieur dans les premiers temps après collage. Mais elles sont loin d’égaler la longévité de la colle de poisson. Cette dernière est capable de maintenir des structures hétérogènes en place pendant plusieurs siècles. De plus, le collage irréversible rend ces alternatives peu performantes dans le domaine de la marqueterie et du collage du bois en général et interdit les travaux de restauration.

 

Utilisations dans le domaine de l’agroalimentaire

L’ichtyocolle est aussi utilisée comme auxiliaire technologique dans l’agro-alimentaire. Cet emploi concerne essentiellement le secteur des boissons, notamment le vin et la bière. On peut comparer son action à celle d’un agent de floculation. Pour les bières, l’objectif est l’élimination des levures résiduelles et la clarification du breuvage. Dans le cas du vin, les buts sont multiples : Augmentation de la netteté organoleptique par élimination des polyphénols responsables de l’amertume, apport de brillance au produit final, clarification, affinage de la structure du vin, diminution des notes végétales, amélioration de l’étape de filtration (gommes et mucilages), etc.

La colle de poisson solide est préalablement dissoute dans un volume d’eau à raison de 10g/L. Un temps de pause de 2 heures est nécessaire à l’hydratation complète du polymère. Le gel obtenu est directement mis en contact avec le liquide à traiter. Puis il est dispersé au sein de celui-ci. La séparation se fait ensuite par simple décantation. Dans ce genre d’applications, la colle de poisson contient une fraction d’acide (souvent de l’acide citrique ou tartrique) facilitant sa dissolution aqueuse. Des stabilisateurs peuvent également entrer dans la composition des ichtyocolles à destination de l’alimentaire comme le méta-bisulfite de potassium par exemple.

Bien qu’utilisée par de multiples marques du secteur des boissons (pour certaines depuis plus de 250 ans), l’usage de la colle de poisson tend à diminuer aussi dans ce domaine. Les brasseries ont notamment dû faire face à des demandes appuyées, face à des nouveaux modes de consommation sans produit animal, qui poussent au retrait de cet auxiliaire technologique au profit de techniques de filtration mécaniques ou d’autre polymères. De nombreuses marques ont dont remplacé la colle de poisson, dans un souci marketing, par de la diatomite (minéral constitué de fossiles de diatomées) ou du polyvinylpolypyrrolidone issu de la synthèse organique (aussi appelé PVPP, Crospovidone ou E1202 dans le codex des additifs alimentaires).

 

Evolution de l’utilisation de l’ichtyocolle au cours des siècles

Depuis le début du XXème siècle, avec la montée en puissance de la synthèse chimique et la menace qui pèse sur la population d’esturgeons russes (le maintien de cette population dépend essentiellement de l’aquaculture), sa production est quasiment devenue confidentielle. Peu de sociétés produisent et commercialisent de la colle de poisson de nos jours.

En France, seules quelques entreprises s’en servent, notamment des spécialistes de fournitures d’art. Cependant, si leurs produits revendiquent l’appellation « colle de poisson », ils ne sont plus issus de l’extraction du collagène de vessies natatoires d’esturgeon. Ils se présentent souvent sous forme de gels prêts à l’emploi. De nos jours, la colle de poisson commercialisée est en grande partie extraite de têtes, peau et arêtes de multiples espèces de poisson, avec à la clé des propriétés moindres. La seule étape de la production de l’ichtyocolle ayant été optimisée reste le séchage, avec l’utilisation de la lyophilisation, une technique de déshydratation à basse température.

 

Julien Boussadia – Chef de projet biotechnologie

29 mai 2019
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