Les procédés de valorisation d’IDmer au service des équilibres économiques et écologiques. Les étoiles de mer sur le littoral français.

De nombreuses espèces végétales ou animales pâtissent des effets du dérèglement climatique. Les espèces marines sont directement concernées par la modification profonde de leur habitat écologique et subissent de plein fouet d’importantes variations de température, de pH, de composition de l’eau.

Si certains peinent à s’adapter, ou à survivre, certains animaux tirent profit avec aisance de ces brusques variations d’environnement. Nous pensons par exemple aux méduses qui foisonnent sur nos plages, leur reproduction étant boostée par des températures anormalement hautes, ou encore aux étoiles de mer, dont certaines espèces s’échouent par milliers.

Ces dernières constituent une famille de prédateurs tenaces et d’une grande efficacité, pour les espèces non-détritivores. La multiplication non maitrisée des étoiles de mer déstabilise populations marines et stocks halieutiques, pour certains déjà en difficultés à travers d’autres facteurs délétères (Cas préoccupant de la grande barrière de corail en Australie par exemple). Elles sont en capacité de ravager localement des populations entières de mollusques, de crustacées, de vers et autres invertébrés, de poissons et même d’échinodermes, embranchement auquel elles appartiennent.

En certains points du littoral, les étoiles de mer s’approprient les parcs d’élevage conchylicoles et les transforment en garde-manger. Aux forts impacts écologiques liés à leur présence en quantité démesurée s’ajoute alors un impact économique non négligeable pour les professionnels du secteur. Pour l’unique littoral Atlantique, on peut dresser une liste non exhaustive des sites concernés, (actuellement ou dans un futur proche) par ce phénomène : Baies de Quiberon, de somme, d’aiguillon, du mont Saint-Michel… ; Noirmoutier, Pénestin, golfe du Morbihan …

Sur demande de la région Bretagne, IDmer a réalisé en fin 2017 une prestation de mise au point d’un procédé de valorisation de cette biomasse. En se reposant sur son expérience de centre technique au service de la valorisation de produits et de co-produits de la mer, IDmer a étudié la composition et proposé des voies de valorisation de deux espèces d’étoiles de mer invasives du littoral Breton : Marthasterias glacialis et Asteria rubens. Par des procédés enzymatiques, les étoiles de mer se retrouvent factionnées en 3 familles de biomolécules différentes : Les protéines, les matières minérales et une faible quantité de lipides. Les deux premières fractions possèdent des voies de valorisation potentiellement intéressantes, du fait de leur composition en acides aminés essentiels et en calcium, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de l’alimentation animale.

Un point de départ vers la restauration des équilibres écologiques, largement éprouvés ces dernières décennies, et la préservation des enjeux économiques des littoraux, aussi bien pour l’industrie des produits de la mer que le tourisme.

BOUSSADIA Julien – Ingénieur en Biotechnologie IDmer