L’exploitation des océans représente plus de quatre fois celle de l’agriculture, la pêche a t-elle un avenir ?

Cela fait plus de 42 000 ans que les Hommes profitent des ressources de la mer pour s’alimenter. Plus de 3 milliards de personnes dépendent des « produits de la mer » qui entrent dans 20% des protéines contenues dans leur alimentation.

Mais près de 90% des stocks de poissons dans le monde sont pêchés à pleine capacité ou surexploités, malgré tous les appels et engagements pour une pêche plus responsable et soutenable. Paradoxalement, les activités de pêche sont géographiquement mal connues ou suivies et la connaissance de l’impact environnementale, la biodiversité marine et les ressources halieutiques restent très approximatives.

Selon un article du « Monde » du 22 février 2018, la pêche industrielle exploite plus de la moitié de la superficie des océans. En effet, d’après l’étude « Tracking the Global footprint of fisheries » de Sciences, publiée le 23 février dernier, plus de 200 millions de Km² des océans sont exploités, une surface quatre fois supérieurs à celle de l’agriculture.

Cette mesure a été possible grâce à un traitement de plus de 22 milliards de messages de système d’identification automatique et le suivi de plus de 70 000 navires de pêche industriels entre 2012 et 2016.

Les principales conclusions de l’étude sont les suivantes :

  • La plupart des pays semblent pêcher principalement dans leurs propres zones économiques exclusives (ZEE). La Chine, l’Espagne, Taïwan, le Japon et la Corée du Sud représentent 85 % de la pêche observée en haute mer.
  • La zone totale de l’océan exploitée par la pêche est probablement supérieure aux 55 % estimés, les données ne tiennent pas compte de certains efforts de pêche dans des régions où la couverture satellite est mauvaise ou dans les ZEE présentant un faible pourcentage de navires qui utilisent un système d’identification automatique (AIS).
  • Plus de 37 millions d’heures de pêche ont été observées en 2016 et les navires concernés ont parcouru plus de 460 millions de kilomètres, équivalent à 600 fois la distance aller-retour de la Terre à la Lune.

L’étude montre également que le moment et le lieu de pêche dépendent davantage de la politique et de la culture que de cycles naturels tels que les variations climatiques ou la migration des poissons. Elle a ainsi clairement révélé le caractère invasif de la pêche humaine en haute mer, où les thons, les requins et les marlins sont exposés à une exploitation intensive.

Les auteurs de cette étude, en rendant les résultats publics, souhaitent avant tout, améliorer la transparence dans le secteur de la pêche commerciale et renforcer les possibilités d’une gestion durable.

Que faisons-nous pour sauvegarder cette dernière ressource sauvage de notre planète ?

L’alarme est tirée, nous avons aujourd’hui les moyens de prouver l’impact de l’homme sur les nos océans.

Nous ne pourrons pas, nous déresponsabiliser face à l’avenir des ressources marines.

Agissons maintenant !

Répartition des activités de pêche dans le monde d’après les messages AIS envoyés par les navires de pêche © Global Fishing Watch

En savoir plus : L’empreinte mondiale de la pêche industrielle enfin dévoilée