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Et si l’on parlait de l’élastine?

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Sensalg.fr : Les algues gagnent l’agroalimentaire

Depuis le 1er juin 2020, le site sensalg.fr est en ligne. Son objectif ? Répondre à l’intérêt croissant des industries agroalimentaires et de leurs clients pour les algues en s’appuyant sur la compétence des 5 centres techniques bretons des filières agricoles, aquacoles et agroalimentaires réunis sous la bannière ACT food Bretagne. Avec ses atouts fonctionnels, nutritionnels, sensoriels et culinaires cette ressource a des arguments à faire valoir !

Depuis quelques jours, les chefs d’entreprises, responsables R&D et marketing du secteur de l’agroalimentaire peuvent désormais accéder à une plateforme web ressource pour imaginer et s’engager vers de nouvelles pistes de développement de leur activité autour de l’algue. « Crues, cuites, en complément alimentaire ou texturant naturel : les algues alimentaires offrent de nouvelles opportunités d’applications, explique Jean-Yves Thébaudin, directeur d’ACT food Bretagne et porteur du projet. Les entreprises de l’agroalimentaire n’ont plus de temps à perdre et mettent aujourd’hui tout en œuvre pour répondre aux nouvelles demandes des consommateurs qui exigent de nouvelles solutions alimentaires clean label, respectueuses de leur santé et en adéquation avec la préservation de l’environnement. Bref, des solutions bonnes pour soi et bonnes pour la planète ! » Dans le même temps, il faut se conformer aux nécessaires obligations réglementaires de sécurité sanitaire, répondre aux contraintes techniques de fabrication et satisfaire les exigences culinaires et sensorielles. C’est pour aider et accompagner les fabricants lors de chacune de ces étapes que la plateforme Sensalg’ a été créée avec le soutien de la DRAAF[1] et du Conseil régional de Bretagne.

Une histoire de femmes

Pour animer ce site Sensalg’, autour d’Hélène Marfaing, ingénieure agronome, cheffe de projet agro-alimentaire au CEVA[1], on retrouve cinq expertes scientifiques. Eh oui, il n’y a que des femmes ! Elles viennent des centres techniques bretons spécialisés dans la culture et l’agroalimentaire : ADRIA, IDmer, Vegenov, ZOOPOLE développement et le Centre Culinaire Contemporain. Ensemble, elles animent désormais cette plateforme numérique en proposant des articles, mais aussi des ateliers pratiques ou encore des formations en ligne. « Nous souhaitons également proposer des projets participatifs pour que les entreprises présentes puissent mutualiser les travaux de recherche », complète Hélène Marfaing. « La filière algues a un potentiel considérable. »

Multiplier les adhésions

Si l’accès au site est gratuit, certains contenus nécessitent une adhésion, notamment pour les articles scientifiques les plus pointus et les données d’intérêt économique. Les tarifs sont fonction de la taille de l’entreprise. « Proposer des contenus de qualité a un coût. Mais nous avons fait en sorte que celui-ci soit tout à fait modeste et accessible à l’ensemble des acteurs de la filière », explique Jean-Yves Thébaudin. Ainsi, pour une société de plus de 50 salariés, il en coutera 800 € par an et seulement 200 € pour les sociétés de moins de 10 salariés. De plus, précisons qu’une adhésion permet d’ouvrir un compte à chacun de ses collaborateurs.
Mais adhérer à l’offre Sensalg’, c’est aussi entrer dans un réseau qui a compris que les algues allaient avoir une place dans leur politique d’innovation dans les années à venir. Philippe Chancerel, directeur scientifique au sein du groupe Jean Hénaff et de GlobeXplore ne dit pas autre chose lorsqu’il affirme : « En tant qu’entreprise Finistérienne pionnière des algues alimentaires et des spécialités à base d’algues, intégrer le projet Sensalg’ était pour nous une évidence. » Nul doute que son exemple sera suivi.

 

Contact presse : 

Sensalg’ – Cédric DESSAINT Tél. : 06 27 62 04 82 info@sensalg.fr https://www.sensalg.fr/ https://twitter.com/Sensalg

 

[1] Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt de Bretagne.

[2] Centre d’Etude et de Valorisation des Algues

08 juin 2020
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Actualité et publication

Motif élémentaire de l'Elastine

Et si l’on parlait de l’élastine?

L’Elastine est une protéine fibreuse, composée majoritairement d’acides aminés non polaires (alanine, valine, leucine isoleucine), qui lui apporte un caractère hydrophobe.

Elle est sécrétée par les fibroblastes, essentiellement durant la période de croissance. Sa synthèse diminue avec l’âge et elle est progressivement remplacée dans les tissus par le collagène, significativement moins souple. Cette protéine est caractérisée par la présence de desmosine et d’isodesmosine au sein de sa séquence en acides aminés. Ceux-ci assurent des pontages intramoléculaires qui conduisent à une structure tridimensionnelle dite en filet, assurant son l’élasticité remarquable. In vivo, l’élastine est associée à des glycoprotéines afin de créer une fibre d’élastine. Outre les points particuliers précédents, l’élastine est chimiquement proche du collagène. Ces deux protéines de structure sont riches en glycine (un tiers des acides aminés), en proline (un neuvième des acides aminés) et ne contiennent quasiment pas de cystéine et d’histidine. Cependant, à l’inverse du collagène, l’élastine ne contient pas d’hydroxylysine et très peu d’hydroxyproline.

L’élastine est un composant clé du derme (de 1 à 5% du poids sec). Les autres tissus biologiques riches en élastine sont les tendons et particulièrement les ligaments (jusqu’à 70% d’élastine). Enfin les artères sont également très riches en élastine. L’aorte compte par exemple près de 40% d’élastine dans la composition de ses parois.  De façon générale, l’élastine est présente dans tout tissu susceptible de subir des déformations régulières, des variations de pression ou l’application de tensions mécaniques (poumons, système vasculaire, point d’ancrage du système musculosquelettique…).

Souvent valorisée à partir de coproduits d’animaux terrestres, l’élastine peut aussi être extraite à partir de sources marines. L’extraction de molécules biologiques à partir de biomasse marine est d’avantage acceptée par le consommateur, notamment dans les domaines de la nutraceutique et de la cosmétique pour lesquels cela représente même un argument marketing fort.  Les peaux de poissons ou les crosses aortiques de certaines espèces de poisson de grande taille (thon ou saumon par exemple) sont des gisements d’intérêt pour la valorisation de l’élastine.  Les applications industrielles d’une telle molécule sont nombreuses :

Dans la cosmétologie, les peptides d’élastine de faible poids moléculaire, issus d’hydrolyse enzymatique par l’élastase, sont très prisés. L’apport en élastine conduit à la stimulation des fibroblastes du tissu dermique (rôle dermo-restructurant et augmentation des capacités cicatricielles) et à la diminution de l’activité catalytique des élastases naturelles, par « piégeage » de l’enzyme (mécanisme d’inhibition compétitive de l’enzyme). Les peptides de haut poids moléculaire trouvent leur application dans le soin du cheveu :  gainage des cheveux par effet tenseur et protection contre les traitements agressifs.

La nutraceutique, elle, revendique l’activité « anti-âge » de l’élastine.

Pour finir le domaine innovant des biomatériaux exploite des propriétés physico-chimiques originales de l’élastine (caractère hydrophobe, rhéologie peu commune), au sein de matériaux composites, pour de futures applications industrielles et médicales.

Julien Boussadia – Chef de projets R&D Biotech

05 novembre 2019
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